Préface

Le programme de recherche fédérateur et interdisciplinaire « Gestion et impacts du changement climatique » (GICC) a été lancé en 1999 par le ministère chargé de l’environnement. Il a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires. Son objectif a toujours été de développer les connaissances en appui aux politiques publiques en considérant le changement climatique sous l’angle de ses impacts, de l'adaptation pour y faire face et des mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre.
En réponse à la fiche de cadrage de 2014 du programme, Irstea et Météo-France ont conçu le projet AdaMont pour contribuer à la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, à l’échelle d’un territoire de montagne. Ce projet propose de considérer le territoire comme un système et le changement climatique comme facteur significatif des évolutions de ce système.

L’originalité de ce projet, qui s’est déroulé entre 2015 et 2018, consiste en la démarche méthodologique adoptée. Celle-ci s’est appuyée sur l’articulation entre des entrées sectorielles (climat et impact, ressources et risques naturels, socio-économie) et des approches transversales (informations, fonctions, métiers), ce qui a permis de construire une vision globale du territoire considéré. Le développement d’une action de recherche partenariale et intégrée sur ce territoire a associé des objectifs de production de connaissances qui ont rapidement été accompagnés de la mise en place d’une démarche à vocation opérationnelle. C’est ainsi que dès le début du projet, les acteurs du territoire ont été pleinement intégrés et les connaissances scientifiques ont pu être confrontées à la réalité de leurs pratiques de gestion et d’adaptation, à l’aide de données existantes et de retours d’expérience.

Ce véritable processus de co-construction entre chercheurs et acteurs et l’approche « pratique » du changement climatique ont pu se mettre en place en mobilisant des approches d’économie, de sciences politiques et de sociologie et en travaillant à une échelle spatiale et temporelle fine adaptée à la variabilité des pratiques et des territoires. En fin de projet, des fiches pratiques ont été réalisées afin de donner des pistes d’adaptation aux différents acteurs, pour les différents secteurs étudiés : changement climatique et... forêts de montagne, tourisme hivernal, risques naturels, élevage de montagne, production hydro-électrique, eau de montagne.

Les instances (conseil scientifique et comité d’orientation) du programme GICC ont considéré que ce projet a été réalisé de façon exemplaire. Il a réussi une véritable intégration entre des disciplines très diverses et a fait la démonstration du potentiel d’une approche intégrant chercheurs, experts et acteurs territoriaux de secteurs divers autour de la difficile question des stratégies d’adaptation au changement climatique. La démarche suivie a été rigoureuse. Les résultats substantiels obtenus, dont le modèle intégré, ont vocation à servir de base pour des actions concrètes de définition de stratégies d’adaptation de territoires de montagne ou autres.

Ce projet est un parfait exemple du potentiel du programme GICC dans le domaine de l’adaptation au changement climatique pour lequel les autres outils de programmation de la recherche restent en général peu adaptés.

Il a été retenu comme l’une des mesures de mobilisation nationale vers la COP 21.

Pour citer cet article :

Référence électronique :
EBNER, Pascale ; BRUN, Éric, Changement climatique : quelle stratégie d'adaptation pour les territoires de montagne? Préface, Revue Science Eaux & Territoires, Changement climatique : quelle stratégie d'adaptation pour les territoires de montagne ?, numéro 28, 2019, p. 5-5, 01/08/2019. Disponible en ligne sur <URL : http://www.set-revue.fr/changement-climatique-quelle-strategie-dadaptation-pour-les-territoires-de-montagne-preface> (consulté le 24/10/2021), DOI : 10.14758/SET-REVUE.2019.2.02.

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