A A

Sommaire

Numéro 29
28 août 2019

Comme de nombreux autres secteurs, l’agriculture est entrée de plain-pied dans l’ère du numérique : les gisements de données sont immenses et les possibilités de les traiter tout autant. Logiciels, applications mobiles, outils d’aide à la décision, objets connectés, c’est le début d’une nouvelle ère pour une agriculture plus performante sur tous les plans, mais aussi plus résiliente.

En effet, le contexte de production devient de plus en plus complexe et incertain, en raison notamment du changement climatique et des contraintes économiques et environnementales qui nécessitent de s’adapter en permanence. Ainsi par exemple, on pourra restreindre l’accès à différentes ressources, comme l’eau, l’énergie, les produits phytosanitaires. Il faudra aussi nourrir une population mondiale croissante qui devrait atteindre neuf milliards d’individus en 2050.

Face à ces nouvelles évolutions, le numérique accompagne l’agriculteur grâce à des informations qui lui permettent de mieux prendre ses décisions, en étant plus précis dans le pilotage des cultures, dans la gestion des investissements, et donc au final d’adopter un nouveau modèle d’exploitation. En complément des outils numériques, des robots multitâches et autonomes, eux-mêmes dotés de multiples capteurs fournisseurs de données, permettent d’augmenter la production en palliant le déficit de main d’œuvre pour les tâches les plus contraignantes.

Du côté de la recherche et de l’innovation, de nouvelles demandes et problématiques émergent pour accompagner la transition numérique de l’agriculture. L’acquisition et le traitement des données de plus en plus nombreuses représentent une véritable aubaine pour les chercheurs et les industriels. Les données sont en effet la matière première permettant de créer de nouveaux outils et services pour l’agriculture.

Ils représentent également un objet de recherche en soi, mobilisant tout un panel de disciplines allant des sciences de l’ingénieur aux sciences humaines et sociales, comme l’illustrent les articles choisis de ce numéro spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires.

Bonne lecture,

La rédaction

Numéro 28
1 août 2019

Les effets du changement climatique sont d'ores et déjà perceptibles dans la plupart des territoires. Les projections climatiques à moyen terme montrent que ces phénomènes vont s'accentuer, avec des conséquences sur la santé, la sécurité des biens et des personnes, l'économie…
En France, les territoires de montagne sont particulièrement sensibles et concernés par les effets du changement climatique. Agriculture, exploitation de la forêt, tourisme, gestion de l’eau, filière énergétique, etc., tous les secteurs d’activités de ces territoires sont d’ores et déjà impactés. Différentes pratiques d’adaptation se mettent en place pour y faire face, mais elles restent le plus souvent sectorielles et locales, avec une efficacité mal connue à l’échelle d’un territoire pris dans sa globalité.

Il reste en effet difficile pour les communautés territoriales de définir et d’adopter une approche de l’adaptation à cette échelle. Conformément aux attendus du ministère de la Transition écologique et solidaire qui a soutenu le projet, le projet de recherche AdaMont a ainsi travaillé à développer une approche partenariale et intégrée de l’adaptation au changement climatique pour les territoires de moyenne montagne des Préalpes. Le projet a été porté par Irstea en partenariat avec le Centre national de recherches météorologiques (CNRM). Il a été conçu pour contribuer à la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) par le développement d’une approche de l’adaptation qui soit à la fois pluridisciplinaire, participative et intégrative, cherchant à valoriser au mieux les acquis des nombreuses recherches menées dans ces territoires.

Côté terrain, le projet s’est appuyé sur un partenariat étroit et fondateur avec le Parc naturel régional (PNR) du Vercors, enrichi par une collaboration avec les autres PNR des Préalpes. Une grande attention a été portée à mettre en place et à faire vivre dans la durée (2015-2017) une démarche participative impliquant une large gamme de parties-prenantes, des entrepreneurs et des gestionnaires, des experts, des chargés de mission et des responsables territoriaux, tout en essayant de rester au plus près du niveau opérationnel.

Vous retrouverez dans ce numéro spécial de Sciences Eaux & Territoires un panorama d’articles faisant le point des avancées scientifiques et méthodologiques acquises au cours du projet ainsi que différents témoignages d’acteurs partenaires.

Bonne lecture.

La rédaction

 

Numéro 27
14 juin 2019

D’un premier statut de « belles des jardins » acquis en Europe au dix-neuvième siècle à celui de « championnes » des plantes envahissantes décerné par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) dans les années 1990, les renouées asiatiques ont fait, et font encore, couler beaucoup d’encre.

Il faut dire que la nature leur a donné beaucoup d’atouts, en particulier pour dominer les autres végétaux et coloniser de nouveaux sites : peu d’exigences écologiques notamment vis-à-vis du sol, des tiges aériennes vigoureuses (entre 2,5 et 4,5 mètres de haut), une croissance rapide (jusqu’à 15 centimètres par jour !), un feuillage dense qui intercepte la lumière, des racines sécrétant des substances capables d’inhiber le développement
des autres espèces… Enfin, c’est essentiellement par leurs rhizomes, tiges souterraines de réserve et de dissémination, que les renouées se propagent latéralement à une distance de plusieurs mètres de la plante-mère… et bien au-delà, à la faveur des déplacements de terres infestées ou des crues.

Sur le terrain, les renouées asiatiques peuvent s’installer et coloniser des biotopes très divers : berges des rivières, bordures des infrastructures linéaires de transport (routes, voies ferrées, voies fluviales…), friches et autres zones perturbées par les activités humaines. Aussi, leur présence dans les territoires concerne de très nombreux gestionnaires publics et propriétaires privés, souvent pris au dépourvu par la vigueur et la résistance de la plante. Trouver des moyens efficaces pour contrôler leur développement relèvent encore aujourd’hui du défi. Cependant, comme l’illustre ce numéro spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires, en deux décennies, les compétences et l’expertise sur le terrain ont progressé ainsi que les échanges entre la recherche et la gestion, l’ensemble contribuant à faire évoluer les réflexions et les pratiques.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro IV
29 janvier 2019

Poisson endémique du bassin du Rhône, l’apron est en tête de liste des espèces menacées prioritaires en France métropolitaine. Or, sa présence dans les cours d’eau est gage de la qualité et du bon fonctionnement de l’écosystème et donc de la vie des autres espèces aquatiques.

Ce statut particulier de « sentinelle écologique » et d’espèce en danger lui a permis de bénéficier d’ambitieux programmes de recherches et d’actions, parmi lesquels on peut citer deux programmes européens LIFE de 1998 à 2010 et un plan national d’action (PNA) de 2012 à 2016.

Pilotés par le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes et en collaboration avec plus de trente partenaires scientifiques, techniques et financiers, les travaux les plus récents menés dans le cadre du plan national d’action se sont traduits par d’importantes avancées tant sur le plan de la connaissance de la biologie et de l’écologie de l’espèce que sur celui de la reconquête effective des cours d’eau par l’apron. Ainsi, en cinq ans, l’apron a recolonisé plus de cent kilomètres de cours d’eau et trois nouvelles populations ont été découvertes. Les techniques de reproduction artificielle sont aujourd’hui maîtrisées et plus de trente mille juvéniles ont été relâchés avec succès dans la Drôme. Enfin, des études inédites conduites sur le régime alimentaire de l’apron ont ouvert de nouvelles perspectives pour l’amélioration de la gestion des cours d’eau.

Cette histoire de poisson, de reconquête de la qualité des milieux aquatiques et de mobilisation des scientifiques et des acteurs du territoire présente tous les ingrédients pour faire l’objet d’un cahier spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires. C’est chose faite aujourd’hui…

Bonne lecture.

La rédaction

Numéro 26
9 novembre 2018

Depuis le 1er janvier 2018, la compétence GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) a été confiée aux communes et aux groupements de communes. Il s’agit d’une « super-compétence » territoriale dont l’objectif est de concilier la gestion des milieux aquatiques (GEMA) et la prévention des inondations (PI). Le risque d’inondation ou les atteintes à la qualité des milieux aquatiques ne se limitant pas aux frontières administratives, la réforme encourage le regroupement des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre au sein de structures dédiées ayant les capacités techniques et financières pour exercer ces compétences à l’échelle du bassin versant.

Dans les territoires, cette approche intégrée est complexe à mettre en œuvre tant sur le plan de la gouvernance au sein des nouvelles structures, que sur celui des multiples compétences que la GEMAPI mobilise (hydrobiologie, hydraulique, écologie, sûreté des ouvrages hydrauliques, urbanisme, aménagement du paysage) et qui étaient auparavant portées par des entités distinctes. Enfin, se pose la question de l’échelle à laquelle s’applique la GEMAPI, celle des bassins versants qui ne correspond pas à celle des communes.

Ces nouvelles obligations qui incombent aux collectivités autour de la GEMAPI génèrent aujourd’hui d’importantes demandes d’accompagnement et de conseil, ainsi que des besoins méthodologiques, à différents niveaux : gouvernance, accompagnement de la gestion de milieux aquatiques et des ouvrages hydrauliques, assistance à l’ingénierie, participation à l’élaboration, la coordination, la mise en œuvre et le suivi des dispositifs… 

Piloté par Irstea, organisme de recherche finalisée, disposant de compétences solides dans les disciplines scientifiques et domaines des sciences de l’ingénieur qui sont supports de la GEMAPI, ce numéro spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires propose des pistes pour accompagner les collectivités sur les questions de gouvernance, d’ingénierie et de gestion induites par les nouvelles missions de la GEMAPI.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro 25
27 juin 2018

Mesure phare de la préservation de la biodiversité en France, la politique Trame verte et bleue (TVB) a été lancée à l’issue du Grenelle de l’environnement en 2007. Son objectif est de préserver et de reconstituer des continuités écologiques favorables au déplacement et au cycle de vie des espèces. Cette politique se traduit notamment par un Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) et par son intégration dans les documents d’urbanisme locaux. Neuf ans après la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 qui s’était fixé comme objectif « la création d'ici à 2012, d'une trame verte et d’une trame bleue », l’heure est au bilan dans les territoires.

Dès 2014, la revue Sciences Eaux & Territoires avait apporté un premier éclairage scientifique et technique sur la mise en place des corridors écologiques, autour d’exemples concrets et de retours d’expérience regroupés dans un numéro intitulé « La trame verte et bleue, bilan et perspectives pour l’action territoriale ». Ce numéro était piloté par Ie pôle « appui scientifique et technique » du centre de ressource Trame verte et bleue, représenté par Irstea et le Muséum national d’Histoire naturelle (désormais UMS PatriNat* sous la co-tutelle de l’Agence française pour la biodiversité). 

Aujourd’hui, alors que la quasi-totalité des SRCE ont été adoptés (excepté celui de Picardie), nous vous proposons une suite… avec la parution de ce second numéro piloté par la même équipe d’experts.

L’objectif est de prendre du recul par rapport au déploiement de la Trame verte et bleue aux différentes échelles du territoire. On retrouvera notamment une analyse critique de l’élaboration des SCRE, dont les conclusions pourront servir de base à l’élaboration des futurs SRADDET (Schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), nouveaux documents de planification instaurés par la loi Notre et la nouvelle organisation territoriale des régions, qui d’ici 2019 absorberont les SRCE.

Sur le terrain, la politique Trame verte et bleue s’est aussi traduite par de nombreux projets de réalisation et de restauration de continuités écologiques portés par des acteurs d’origines variées (instituts de recherche, collectivités territoriales, opérateurs privés de l’énergie, bureaux d’étude…),  dont ce numéro se fait l’écho.

* Unité mixte de service Patrimoine naturel.

Numéro 24
4 septembre 2017

Zones humides. Ni vraiment terre, ni vraiment eau, insalubres, considérées comme des lieux magiques voire diaboliques, les zones humides ont été souvent perçues comme des sortes de « no man’s land » peu propices au développement de l’homme et de ses activités. C’est pourquoi, toute au long des siècles passés, l’homme s’est obstiné à les rendre vivables et cultivables sans penser à la richesse de leur biodiversité et à leur apport au fonctionnement de notre environnement.

Désormais, les zones humides sont reconnues et protégées, elles ont même leur convention internationale dédiée depuis 1971 (Convention de Ramsar http://www.ramsar.org/). On préserve, on réhabilite, on restaure, on compense pour que ces zones, dont l’utilité n’est plus à démontrer, demeurent actives à nous rendre les services tant écologiques (préservation de biodiversité, réduction des impacts du changement climatique, régulation des inondations, épuration de l’eau) qu'économiques (tourisme, développement économique territorial…).

Le travail de préservation et de restauration s’avère complexe, tant au niveau technique et scientifique qu’organisationnel et financier, et exige des compétences multiples, engageant de nombreux acteurs au niveau local. De plus, ces travaux se conçoivent sur des périodes de temps longues, ce que la gestion territoriale a parfois du mal à intégrer. La difficulté de l’évaluation de ces opérations de préservation est également un point de vigilance important. En effet, la définition d’indicateurs scientifiquement et techniquement validés et fiables, acceptés et acceptables sur le terrain est un enjeu majeur dans la réussite des projets de préservation et de réhabilitation.

En prévision de la journée mondiale des zones humides, événement qui célèbrera en 2018 les quarante ans de la convention de Ramsar le 2 février prochain, ce nouveau numéro
de la revue Sciences Eaux & Territoires nous donne à voir quelques exemples de restauration et de préservation de zones humides, en les replaçant dans un contexte historique et juridique, utile à la compréhension de leurs intérêts et de leur utilité pour l’homme.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro 23
30 mai 2017

L'eau, source de vie, est également source de désagréments majeurs, aux conséquences parfois dramatiques. En effet, en privilégiant les bords des cours d’eau pour assurer sa survie physique et économique et développer ses activités, l’Homme s’est soumis aux aléas naturels (fortes pluies, tempêtes, orages…) et de fait s’est exposé aux débordements des rivières et des fleuves tant redoutés.

L’Histoire est ainsi peuplée d’initiatives pour contrôler voire réduire ce risque inondation, dans un premier temps basées sur une connaissance empirique issues de l’observation attentive des phénomènes. Puis, au fur et à mesure des siècles et des progrès scientifiques, des ouvrages ou équipements sophistiqués ont vu le jour pour réduire, voire même empêcher les inondations. Dans le même temps, les différents aménagements, les voiries, les remembrements agricoles, la déforestation, l’urbanisation, conséquences du développement des activités humaines au fil du temps ont fortement aggravé le risque inondation, augmentant de fait notre vulnérabilité face à de tels phénomènes.

Dès lors, prévenir et réduire le risque deviennent des priorités de la gestion des inondations pour les acteurs de terrain confrontés aux conséquences matérielles, financières et humaines dramatiques qui égrènent l’actualité régulièrement (inondations dans le Var en 2010, en 2015, à Paris et en région parisienne au printemps 2016...), notamment au travers d’outils tels que les plans préventions des inondations (PPRI).

Ce numéro est l’occasion de présenter, au travers d’exemples concrets, la manière dont on intègre désormais le facteur inondation dans les territoires à forte vulnérabilité, et ce dès la conception des aménagements (exemples des aménagements récents en région parisienne). Cependant, ce numéro n’aborde pas expressément la dimension environnementale, et notamment tous les aspects de la gestion intégrée du risque inondation et de résilience. Il apporte néanmoins un éclairage précieux sur les connaissances techniques et scientifiques récentes pour comprendre et mieux appréhender ce phénomène complexe.

De la prise de conscience du risque par la population à la véritable mise en œuvre d’une culture du risque intégrée et comprise dans les activités humaines, voici les nouveaux enjeux de la gestion du risque inondation. Nous vous donnons donc rendez-vous pour un prochain numéro qui abordera tous ces aspects.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro 22
2 mars 2017

Face à un environnement économique de plus en plus concurrentiel et compétitif, les territoires sont soumis à de rudes épreuves pour exister et se développer. Ils doivent également intégrer de nouvelles contraintes environnementales, conséquences du changement climatique, qui impactent d’ores et déjà beaucoup de politiques d’aménagement territorial. Certains territoires réussissent plus que d’autres à surmonter ces difficultés et réussissent à mobiliser des forces leur permettant de construire des projets partagés par l’ensemble des acteurs afin d’anticiper les perturbations possibles des effets du changement climatique.

Et si la prospective et ses méthodes pouvaient s’avérer être un levier déterminant dans l’élaboration de ces projets ? La prospective dans ces méthodes et son intention pourrait-elle apporter des réponses pertinentes et efficaces pour la mise en place de politiques territoriales d’aménagement et de développement durable ?

On ne peut que constater les nombreuses initiatives dans les territoires et au-delà, à toutes les échelles de décision, utilisant les méthodes de la prospective, tant les décideurs manquent de repères dans ce domaine et tant leurs besoins sont immenses en termes d’outils d’aide à la décision pour construire des politiques publiques de long terme permettant de prendre en compte les impacts du changement climatique.

Ce nouveau numéro de la revue vous propose, au travers de quelques exemples, de présenter l’apport de la prospective dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques aux différentes échelles de la décision, du territoire local à l’espace international, au prisme du changement climatique. Il propose aux acteurs des territoires des éléments de méthodes et de réflexion pour agir sur le long terme dans un cadre incertain.

Bonne lecture

Pages