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Sommaire

Numéro 37
10 décembre 2021

Le 23 octobre 2000, le Parlement et le Conseil européens adoptent la directive cadre européenne sur l’eau (DCE), dont l’objectif est de freiner la dégradation des milieux aquatiques continentaux et restaurer le bon état des masses d’eau. Les opérateurs publics n’auraient pas pu répondre à ce défi d’envergure sans le concours des scientifiques.

En effet, avec l’entrée en jeu de la directive, il ne suffit plus que la qualité physico-chimique de l’eau soit satisfaisante pour déclarer le « bon état » d’un milieu aquatique. Il faut également que l’ensemble des êtres vivants de ce milieu en témoignent. Tous ces processus d’évaluation qui reposent sur la biologie et l’écologie sont complexes et leur appropriation par les utilisateurs souvent difficile. 

En France, des scientifiques du BRGM, de l’Ifremer, de l’Ineris, du  Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) et de plusieurs universités se sont mobilisés pour accompagner la mise en œuvre de la DCE. À INRAE, cela représente plus de cinquante scientifiques de diverses disciplines qui se sont engagés sur vingt années sur les milieux aquatiques continentaux de surface (Science et directive-cadre sur l’eau, 20 ans de recherche en hydrobiologie pour le bon état écologique des milieux aquatiques, janvier 2021, INRAE, Direction de l’appui aux politiques publiques). Leurs travaux ont été menés la plupart du temps dans un environnement scientifique relevant du challenge : manque de données hydrobiologiques, de méthodes, de temps, accès à des données hétérogènes… Cependant, ils leur ont permis de progresser dans la compréhension des processus écologiques et de valoriser les résultats dans des publications scientifiques académiques.  

Les chercheurs se sont aussi fortement impliqués pour échanger avec les gestionnaires de l’eau (Office français de la biodiversité, ministère, directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement et agences de l’eau) et développer les méthodes d’évaluation ou les outils attendus. Lorsque les outils sont passés dans le domaine opérationnel, les scientifiques se sont mobilisés pour assurer l’accompagnement par le biais de guides, de séminaires, de formations ou encore de dispositifs comme le laboratoire national de référence pour la surveillance des milieux aquatiques (Aquaref). Ces échanges chercheurs-gestionnaires tout au long des projets sont un vrai atout pour garantir l’opérationnalité des résultats de recherche. 

Ce numéro spécial de la revue Sciences Eaux &Territoires, piloté par Christine Argillier, directrice de recherche à INRAE, fait le point des principales avancées acquises au cours de ces vingt années de collaboration entre la recherche française et les services l’État sur l’évaluation de l’état des cours d’eau, plans d’eau et estuaires. Quelques perspectives et enjeux sont également discutés.

Bonne lecture.

La rédaction

 

Numéro 36*
24 septembre 2021
Numéro 36
22 septembre 2021

Les Alpes sont un refuge important pour la biodiversité en Europe. Ses territoires fournissent un habitat pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux qui ne sont pas présentes ailleurs. Le massif alpin est aussi un espace économique important, où les pressions des activités humaines, en particulier celles liées au développement des infrastructures de transport, à l'étalement urbain et au tourisme, ne sont pas sans impact sur la fragmentation et la dégradation des habitats naturels. De nombreuses démarches de protection de la nature et de déploiement de réseaux écologiques ont été mis en œuvre aux niveaux européen, national et régional. Cependant, peu de choses ont été faites sur la façon d’appréhender les dynamiques écologiques et l’aménagement du territoire sur l’ensemble de l’espace alpin, au-delà des frontières administratives.

C’est dans ce contexte que la plateforme Ecological Network de la convention alpine, à l'initiative de la présidence française, a mandaté en 2017 l'institut de recherche français Irstea (devenu en 2020 INRAE) pour réaliser l’étude PLACE* sur la connectivité écologique et l'aménagement du territoire dans l'arc alpin. Ce numéro de Sciences Eaux & Territoires a pour ambition d’apporter un éclairage sur les approches, les opportunités et les défis rencontrés dans les pratiques de planification spatiale au sein du périmètre de la convention alpine. Il restitue des contributions de chercheurs, écologues et planificateurs de différentes nationalités (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie, Suisse), certaines de ces communications étant issues des résultats de l’étude PLACE. Compte tenu de la dimension européenne de la sélection d’articles et de témoignages présentée dans ce numéro, l’équipe de rédaction de la revue a fait le choix de publier tous les textes en version française et anglaise.

Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

L’équipe de la rédaction

-> Pour accéder à la version anglaise du numéro

 

* Financé par le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire français, le projet PLACE a été réalisé par Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) en collaboration avec Alparc (Réseau alpin des espaces protégés) et la Plateforme Ecological Network de la Convention alpine, dans le cadre de la présidence française de cette organisation. L’étude s’intéresse aux modalités de prise en compte de la connectivité écologique et de mise en œuvre des réseaux écologiques dans les systèmes et pratiques de planification spatiale au sein du périmètre de la Convention alpine.

Numéro 35
17 juin 2021

L’émergence du concept de participation – au sens de contribution des acteurs concernés aux processus et décisions politiques – remonte au milieu du vingtième siècle. Dans les faits, des démarches participatives sont aujourd’hui mises en œuvre de par le monde, à des échelles diverses et dans une multitude de domaines, notamment celui de l’environnement. En France, au-delà des démarches nationales telle que la convention citoyenne sur le climat menée en 2020, de nombreuses démarches participatives se développent au niveau local. Elles visent à traiter des enjeux de gestion des ressources naturelles (ex. : partage de l’eau entre différents usages, déforestation, préservation de la biodiversité), d’aménagement du territoire (ex. : mise en œuvre de la trame verte et bleue, prévention des inondations) ou encore à discuter des conditions de déploiement d’innovations technologiques (ex. : nouvelles énergies renouvelables, réutilisation des eaux usées traitées).

Cette tendance se renforce aujourd’hui un peu partout dans le monde, car beaucoup de gestionnaires de territoire ont compris l’importance de prendre en compte l’environnement dans les politiques publiques en incluant les acteurs concernés, et en particulier les citoyens, dans leurs projets. Cela se traduit dans les dispositions légales et juridiques à différentes échelles : internationale (principe 10 de la Déclaration de Rio de 1992), européenne (article 6 de la Convention d’Aarhus de 1998, article 14 de la directive cadre sur l’eau) et française (articles 120-1 et 120-2 du Code de l’environnement, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, Ordonnance sur la démocratisation du dialogue environnemental  de 2016). En parallèle, de plus en plus d’acteurs et de citoyens ont exprimé leur volonté de participer directement à l’élaboration des politiques.

À leurs côtés, des équipes de scientifiques se mobilisent pour accompagner, analyser, évaluer et faire évoluer ces démarches. L’approche COOPLAGE (acronyme de « Coupler des Outils Ouverts et Participatifs pour Laisser les Acteurs s’adapter pour la Gestion de l’Environnement ») a ainsi été développée depuis 2003 pour appuyer des démarches participatives portées par des acteurs de la gestion de l’eau et des territoires, en s’appuyant sur les compétences pluridisciplinaires de l'unité mixte de recherche « Gestion de l'eau, acteurs et usages » (INRAE, CIRAD,  AgroParisTech, IRD, SupAgro, BRGM). Au travers de différents témoignages et de retours d’expérience, ce nouveau numéro thématique de la revue Sciences Eaux & Territoires se fait l’écho de leurs travaux menés en France et à l’international dans le domaine de la gestion de l’eau et des territoires.

Bonne lecture.

La rédaction.

Numéro V
3 mai 2021

Dans les territoires ruraux, les pratiques agricoles représentent un sujet sensible qui concerne différentes catégories d’acteurs entre lesquels le dialogue est souvent conflictuel. Rendre ces sujets discutables relève souvent d’un défi auquel s’est confronté le projet de recherche Brie’Eau.

Ce projet a été mené sur le territoire de la Brie en Seine-et-Marne. Dans cette région, les systèmes agricoles ont conduit à une forte dégradation de la qualité de l’eau de la nappe de Champigny, notamment avec une contamination par les nitrates et les produits phytosanitaires. Principale ressource en eau souterraine d’Ile-de-France, cette nappe qui alimente un million de Franciliens représente un enjeu majeur pour l’approvisionnement en eau potable de Paris et sa région.

Le projet Brie’Eau a eu pour objectif d’expérimenter sur ce territoire une démarche participative pour faciliter le dialogue sur les pollutions diffuses d’origine agricole. Agriculteurs et acteurs des filières agricoles, élus locaux, acteurs de l’eau potable et associations d’usagers ont été amenés à co-construire un territoire plus résilient en jouant sur deux leviers d’action : les changements de pratiques agricoles et les aménagements paysagers jouant un rôle de zones tampons en interceptant une partie des polluants entre les parcelles agricoles et les milieux.

Pour illustrer les différentes étapes du projet, ce nouveau cahier spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires vous propose un choix d’articles scientifiques tant dans le domaine des sciences de la vie que dans celui des sciences humaines et sociales. Car au-delà de la reconquête de la qualité chimique et écologique de l’eau et du milieu, le projet Brie’Eau a aussi été une aventure humaine pour que chercheurs et acteurs du territoire puissent élaborer ensemble un projet commun.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro 34
28 novembre 2020

Les épisodes récurrents de sécheresse au cours de ces dernières années nous ont rendus davantage conscients de la nécessité d’économiser l’eau pour tous les usages. L’agriculture, qui est responsable de plus de 25 % des prélèvements d’eau en Europe, est concernée au premier plan par le sujet.

Il n’en reste pas moins que pour faire pousser des fruits et des légumes, il faut, et il faudra toujours, de l’eau. Or, avec l'augmentation des températures, liée au changement climatique, l'évapotranspiration des plantes augmente et le bilan hydrique des sols se dégrade. L’irrigation est alors une des solutions pour corriger les effets de la sécheresse et assurer la pérennité de la production agricole, et au-delà la sécurité alimentaire et l’avenir de l’agriculture.  

Cependant, face aux nombreuses pressions qui s’exercent autour de la question de l’irrigation, notamment dans les régions du sud de l’Europe, il est nécessaire plus que jamais de questionner les pratiques d’irrigation sous l’angle de l’efficience d’utilisation de l’eau aux différentes échelles spatiales et pour toutes les technologies. C’est une des principales pistes soutenues par l’Union européenne au travers de différents instruments, comme la directive cadre européenne sur l’eau (DCE) qui se focalise entre autre sur les moyens d’économies d’eau, ou encore du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) qui soutient les investissements en équipements économes en eau.

C’est dans ce contexte que les experts de la gestion de l’eau agricole d’INRAE ont organisé en novembre 2019, à Montpellier un colloque européen intitulé « Économies d’eau en irrigation ». Les objectifs de ce colloque étaient doubles : échanger sur les économies possibles d’eau en irrigation pour le développement d’une agriculture durable, et stimuler la diffusion des résultats de la recherche et des innovations techniques pour porter ce sujet à l’échelle européenne.

Onze États membres présents au colloque ont pu témoigner de leurs expériences dans le domaine de l’irrigation durable des cultures. Entrepreneurs, acteurs de l’eau et de l’agriculture, représentants de l’Union européenne ont également apporté leur éclairage sur l’avenir de l’irrigation en Europe face au changement climatique.

Retrouvez la synthèse de leurs échanges dans ce nouveau numéro de la revue Sciences Eaux & Territoires qui est publié en français et en anglais.

Numéro 34*
19 novembre 2020

Recurrent droughts in recent years have made us more aware of the need to save water for all uses. Agriculture, responsible for more than 25% of water withdrawals in Europe, is at the forefront of this issue.

Nevertheless, water is, and always will be, needed to grow fruits and vegetables. But as temperatures rise due to climate change, plant evapotranspiration increases and the water balance in soils deteriorates. Irrigation is therefore one of the solutions to correct the effects of drought and to ensure the sustainability of agricultural production and, beyond that, food security and the future of agriculture.

However, in the face of the many pressures surrounding the issue of irrigation, particularly in the southern regions of Europe, it is more necessary than ever to examine irrigation practices from the perspective of water use efficiency at different spatial levels, and for all technologies. This is one of the main lines of action supported by the European Union through various instruments, such as the European Water Framework Directive (WFD), which focuses, among other things, on ways of saving water, and the European Agricultural Fund for Rural Development (EAFRD), which supports investment in water-saving equipment.

It is against this background that the agricultural water management experts of INRAE organised a European symposium entitled "Water Savings in Irrigation" in Montpellier in November 2019. The objectives of this colloquium were twofold: to discuss possible water savings in irrigation for the development of sustainable agriculture, and to stimulate the dissemination of research results and technical innovations to promote this topic in Europe as a whole.

Eleven member States present at the symposium were able to share their experiences in the field of sustainable crop irrigation. Business leaders, water and agricultural stakeholders and European Union representatives also shed light on the future of irrigation in Europe in the face of climate change.

A summary of their discussions can be found in this new issue of the journal Sciences Eaux & Territoires which is published in French and English.

The Editorial Board

Numéro 33
10 avril 2020

Parmi les nombreux services rendus par les forêts, on peut citer leur rôle majeur dans le stockage du carbone émis par les activités humaines. Ainsi aujourd’hui, en France métropolitaine, l’Office national des forêts (ONF) estime qu’environ 70 millions de tonnes de CO2 sont captés par les 16,9 millions d'hectares de forêts, soit 15 % des émissions de gaz à effet de serre du pays ! Cependant, ces écosystèmes sont de plus en plus menacés par le changement climatique. En témoignent les récents épisodes de sécheresse qui, en fragilisant les peuplements forestiers, ont augmenté l’occurrence et l’intensité des incendies de forêts en France. La répétition des sécheresses au cours de la dernière décennie a aussi affecté l’état sanitaire des arbres. C’est le cas par exemple dans certains massifs des Vosges où des peuplements de sapins et d’épicéas ont dépéri durant l’été 2019.

De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence les impacts directs du changement climatique sur les essences forestières. D’autres travaux menés en étroite collaboration avec les acteurs de la filière forêt-bois en France ont pour enjeu d’anticiper les effets probables du climat sur les forêts en proposant diverses solutions d’adaptation. D’autres recherches enfin cherchent à identifier les rôles joués par les forêts dans l’atténuation du changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Leur objectif est d’orienter la filière de la forêt et du bois vers plus de séquestration de carbone en forêt et dans la construction-bois et vers une utilisation accrue du bois en substitution au carbone fossile et aux matériaux dont la production consomme beaucoup d’énergie (comme le fer, le béton ou l’aluminium), tout en veillant à préserver les services écosystémiques et la biodiversité des massifs boisés.

Ce nouveau numéro de la revue Sciences Eaux & Territoires intitulé « Forêts – Relever les défis du changement climatique en France métropolitaine » et piloté par INRAE, expert scientifique dans le domaine de la gestion durable des forêts en France, vous propose des synthèses et des résultats de travaux d’auteurs reconnus sur le sujet.

Bonne lecture.

La rédaction.


Numéro 32
5 février 2020

Le drainage agricole consiste à évacuer l’eau hors des parcelles lorsque celle-ci est en excès. Cette technique très ancienne a permis de diversifier les cultures, améliorer et sécuriser les rendements, assainir les prairies . Depuis les années 1990, les enjeux, l’intérêt et les impacts du drainage agricole font débat entre les différents acteurs. Parmi les critiques évoquées, on retrouve l’aggravation des crues à l’aval des bassins versants, l’accroissement des pollutions par les nitrates et les pesticides, et la destruction des zones humides.

Aujourd’hui, les techniques alliant l’hydraulique douce et l’ingénierie écologique progressent ainsi que les études expérimentales permettant de quantifier les impacts réels du drainage sur l’hydrologie et la qualité des cours d’eau.  Faisant suite à un colloque sur le thème « Drainage agricole : enjeux, connaissances, perspectives » co-organisé le 12 octobre 2018 à Paris par l’Association française pour l’eau, l’irrigation et le drainage (AFEID), l’Association nationale de drainage et d’hydraulique agricole responsable (ANDHAR-Draineurs de France) et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), ce numéro thématique de la revue Sciences Eaux &Territoires donnent la parole aux experts scientifiques et techniques du drainage en Europe et au-delà. Agriculteurs, agences de l’eau, associations... témoignent aussi de leurs bonnes pratiques de drainage autour de projets de territoire conciliant enjeux environnementaux et socio-économiques.

Pour les acteurs français du drainage réunis à Paris en octobre 2018, les enjeux au-delà du colloque sont de poursuivre les échanges sur le plan national et local et renforcer les travaux techniques et scientifiques afin de contribuer dans le futur au déploiement de solutions partagées et opérationnelles à l’échelle des exploitations et à celle des territoires. Grâce à ce numéro spécial, faisons le point sur les connaissances, pointons les incertitudes et controverses, dépassons les préjugés !

Bonne lecture.

La rédaction.

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