A A

Sommaire

Numéro V
5 mars 2021

Dans les territoires ruraux, les pratiques agricoles représentent un sujet sensible qui concerne différentes catégories d’acteurs entre lesquels le dialogue est souvent conflictuel. Rendre ces sujets discutables relève souvent d’un défi auquel s’est confronté le projet de recherche Brie’Eau.

Ce projet a été mené sur le territoire de la Brie en Seine-et-Marne. Dans cette région, les systèmes agricoles ont conduit à une forte dégradation de la qualité de l’eau de la nappe de Champigny, notamment avec une contamination par les nitrates et les produits phytosanitaires. Principale ressource en eau souterraine d’Ile-de-France, cette nappe qui alimente un million de Franciliens représente un enjeu majeur pour l’approvisionnement en eau potable de Paris et sa région.

Le projet Brie’Eau a eu pour objectif d’expérimenter sur ce territoire une démarche participative pour faciliter le dialogue sur les pollutions diffuses d’origine agricole. Agriculteurs et acteurs des filières agricoles, élus locaux, acteurs de l’eau potable et associations d’usagers ont été amenés à co-construire un territoire plus résilient en jouant sur deux leviers d’action : les changements de pratiques agricoles et les aménagements paysagers jouant un rôle de zones tampons en interceptant une partie des polluants entre les parcelles agricoles et les milieux.

Pour illustrer les différentes étapes du projet, ce nouveau cahier spécial de la revue Sciences Eaux & Territoires vous propose un choix d’articles scientifiques tant dans le domaine des sciences de la vie que dans celui des sciences humaines et sociales. Car au-delà de la reconquête de la qualité chimique et écologique de l’eau et du milieu, le projet Brie’Eau a aussi été une aventure humaine pour que chercheurs et acteurs du territoire puissent élaborer ensemble un projet commun.

Bonne lecture

La rédaction

Numéro 34
28 novembre 2020

Les épisodes récurrents de sécheresse au cours de ces dernières années nous ont rendus davantage conscients de la nécessité d’économiser l’eau pour tous les usages. L’agriculture, qui est responsable de plus de 25 % des prélèvements d’eau en Europe, est concernée au premier plan par le sujet.

Il n’en reste pas moins que pour faire pousser des fruits et des légumes, il faut, et il faudra toujours, de l’eau. Or, avec l'augmentation des températures, liée au changement climatique, l'évapotranspiration des plantes augmente et le bilan hydrique des sols se dégrade. L’irrigation est alors une des solutions pour corriger les effets de la sécheresse et assurer la pérennité de la production agricole, et au-delà la sécurité alimentaire et l’avenir de l’agriculture.  

Cependant, face aux nombreuses pressions qui s’exercent autour de la question de l’irrigation, notamment dans les régions du sud de l’Europe, il est nécessaire plus que jamais de questionner les pratiques d’irrigation sous l’angle de l’efficience d’utilisation de l’eau aux différentes échelles spatiales et pour toutes les technologies. C’est une des principales pistes soutenues par l’Union européenne au travers de différents instruments, comme la directive cadre européenne sur l’eau (DCE) qui se focalise entre autre sur les moyens d’économies d’eau, ou encore du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) qui soutient les investissements en équipements économes en eau.

C’est dans ce contexte que les experts de la gestion de l’eau agricole d’INRAE ont organisé en novembre 2019, à Montpellier un colloque européen intitulé « Économies d’eau en irrigation ». Les objectifs de ce colloque étaient doubles : échanger sur les économies possibles d’eau en irrigation pour le développement d’une agriculture durable, et stimuler la diffusion des résultats de la recherche et des innovations techniques pour porter ce sujet à l’échelle européenne.

Onze États membres présents au colloque ont pu témoigner de leurs expériences dans le domaine de l’irrigation durable des cultures. Entrepreneurs, acteurs de l’eau et de l’agriculture, représentants de l’Union européenne ont également apporté leur éclairage sur l’avenir de l’irrigation en Europe face au changement climatique.

Retrouvez la synthèse de leurs échanges dans ce nouveau numéro de la revue Sciences Eaux & Territoires qui est publié en français et en anglais.

Numéro 34*
19 novembre 2020

Recurrent droughts in recent years have made us more aware of the need to save water for all uses. Agriculture, responsible for more than 25% of water withdrawals in Europe, is at the forefront of this issue.

Nevertheless, water is, and always will be, needed to grow fruits and vegetables. But as temperatures rise due to climate change, plant evapotranspiration increases and the water balance in soils deteriorates. Irrigation is therefore one of the solutions to correct the effects of drought and to ensure the sustainability of agricultural production and, beyond that, food security and the future of agriculture.

However, in the face of the many pressures surrounding the issue of irrigation, particularly in the southern regions of Europe, it is more necessary than ever to examine irrigation practices from the perspective of water use efficiency at different spatial levels, and for all technologies. This is one of the main lines of action supported by the European Union through various instruments, such as the European Water Framework Directive (WFD), which focuses, among other things, on ways of saving water, and the European Agricultural Fund for Rural Development (EAFRD), which supports investment in water-saving equipment.

It is against this background that the agricultural water management experts of INRAE organised a European symposium entitled "Water Savings in Irrigation" in Montpellier in November 2019. The objectives of this colloquium were twofold: to discuss possible water savings in irrigation for the development of sustainable agriculture, and to stimulate the dissemination of research results and technical innovations to promote this topic in Europe as a whole.

Eleven member States present at the symposium were able to share their experiences in the field of sustainable crop irrigation. Business leaders, water and agricultural stakeholders and European Union representatives also shed light on the future of irrigation in Europe in the face of climate change.

A summary of their discussions can be found in this new issue of the journal Sciences Eaux & Territoires which is published in French and English.

The Editorial Board

Numéro 33
10 avril 2020

Parmi les nombreux services rendus par les forêts, on peut citer leur rôle majeur dans le stockage du carbone émis par les activités humaines. Ainsi aujourd’hui, en France métropolitaine, l’Office national des forêts (ONF) estime qu’environ 70 millions de tonnes de CO2 sont captés par les 16,9 millions d'hectares de forêts, soit 15 % des émissions de gaz à effet de serre du pays ! Cependant, ces écosystèmes sont de plus en plus menacés par le changement climatique. En témoignent les récents épisodes de sécheresse qui, en fragilisant les peuplements forestiers, ont augmenté l’occurrence et l’intensité des incendies de forêts en France. La répétition des sécheresses au cours de la dernière décennie a aussi affecté l’état sanitaire des arbres. C’est le cas par exemple dans certains massifs des Vosges où des peuplements de sapins et d’épicéas ont dépéri durant l’été 2019.

De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence les impacts directs du changement climatique sur les essences forestières. D’autres travaux menés en étroite collaboration avec les acteurs de la filière forêt-bois en France ont pour enjeu d’anticiper les effets probables du climat sur les forêts en proposant diverses solutions d’adaptation. D’autres recherches enfin cherchent à identifier les rôles joués par les forêts dans l’atténuation du changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Leur objectif est d’orienter la filière de la forêt et du bois vers plus de séquestration de carbone en forêt et dans la construction-bois et vers une utilisation accrue du bois en substitution au carbone fossile et aux matériaux dont la production consomme beaucoup d’énergie (comme le fer, le béton ou l’aluminium), tout en veillant à préserver les services écosystémiques et la biodiversité des massifs boisés.

Ce nouveau numéro de la revue Sciences Eaux & Territoires intitulé « Forêts – Relever les défis du changement climatique en France métropolitaine » et piloté par INRAE, expert scientifique dans le domaine de la gestion durable des forêts en France, vous propose des synthèses et des résultats de travaux d’auteurs reconnus sur le sujet.

Bonne lecture.

La rédaction.


Numéro 32
5 février 2020

Le drainage agricole consiste à évacuer l’eau hors des parcelles lorsque celle-ci est en excès. Cette technique très ancienne a permis de diversifier les cultures, améliorer et sécuriser les rendements, assainir les prairies . Depuis les années 1990, les enjeux, l’intérêt et les impacts du drainage agricole font débat entre les différents acteurs. Parmi les critiques évoquées, on retrouve l’aggravation des crues à l’aval des bassins versants, l’accroissement des pollutions par les nitrates et les pesticides, et la destruction des zones humides.

Aujourd’hui, les techniques alliant l’hydraulique douce et l’ingénierie écologique progressent ainsi que les études expérimentales permettant de quantifier les impacts réels du drainage sur l’hydrologie et la qualité des cours d’eau.  Faisant suite à un colloque sur le thème « Drainage agricole : enjeux, connaissances, perspectives » co-organisé le 12 octobre 2018 à Paris par l’Association française pour l’eau, l’irrigation et le drainage (AFEID), l’Association nationale de drainage et d’hydraulique agricole responsable (ANDHAR-Draineurs de France) et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), ce numéro thématique de la revue Sciences Eaux &Territoires donnent la parole aux experts scientifiques et techniques du drainage en Europe et au-delà. Agriculteurs, agences de l’eau, associations... témoignent aussi de leurs bonnes pratiques de drainage autour de projets de territoire conciliant enjeux environnementaux et socio-économiques.

Pour les acteurs français du drainage réunis à Paris en octobre 2018, les enjeux au-delà du colloque sont de poursuivre les échanges sur le plan national et local et renforcer les travaux techniques et scientifiques afin de contribuer dans le futur au déploiement de solutions partagées et opérationnelles à l’échelle des exploitations et à celle des territoires. Grâce à ce numéro spécial, faisons le point sur les connaissances, pointons les incertitudes et controverses, dépassons les préjugés !

Bonne lecture.

La rédaction.

Numéro 31
15 janvier 2020

La séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC) a été introduite en 1976 dans les premières lois françaises relatives à la protection de la nature. Cet outil réglementaire garantit l’objectif de zéro perte nette de la biodiversité lors de projets, programmes et plans d’aménagement des territoires. À cet effet, il impose aux porteurs de projets de prendre des mesures visant en priorité à éviter les impacts sur l’environnement, à réduire ceux qui n’ont pu être suffisamment évités et en dernier recours, à compenser les impacts résiduels notables par des mesures permettant un gain de biodiversité.

L’approche la plus utilisée pour mettre en œuvre la séquence ERC dans les territoires demeure aujourd’hui l’approche « au cas par cas » qui consiste à élaborer une stratégie de préservation de la biodiversité à l’échelle locale du projet. Or cette approche présente des limites liées tant à la nature complexe de la biodiversité à préserver et des connaissances disponibles sur le terrain qu’aux contraintes géographiques et temporelles du projet qui restreignent le champ d’action des mesures mises en place.   

Depuis le début des années 2010, une nouvelle manière de concevoir la compensation émerge à travers l’intégration de la séquence ERC dans la planification territoriale, afin de mieux l’anticiper et l’intégrer dans les politiques d’aménagement et de protection de la biodiversité. Cette approche territorialisée de la séquence ERC est présentée par les opérateurs qui la mettent en œuvre comme une réponse à une partie des limites évoquées précédemment. 

C’est ce que propose d’illustrer ce numéro de Sciences Eaux & Territoires au travers d’un grand nombre d’initiatives menées en France (mais aussi en Allemagne) à des échelles variées. L’accent est également mis sur la nécessité d’approfondir les recherches afin d’accompagner les porteurs de projets vers de meilleures pratiques menées et réfléchies à l’échelle des territoires.

Bonne lecture,

La rédaction.

Numéro 30
3 octobre 2019

L’arbre champêtre serait-il le catalyseur commun des transitions écologiques et énergétiques ? Que l’on cherche à proscrire l’utilisation des énergies fossiles, à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, à endiguer l’érosion de la biodiversité ou à restaurer le bon état des eaux d’ici 2027, l'agroforesterie s’avère un levier efficace et facile à actionner pour composer un projet de développement global au bénéfice à la fois de l’agriculture et de l’aménagement des territoires ruraux. En France, c’est notamment le cas pour l’agroforesterie bocagère dont on redécouvre aujourd’hui les diverses fonctions et qui mobilise depuis plus de dix ans toutes les catégories d’acteurs des territoires autour d’actions de plantation et de restauration de haies : responsables territoriaux, décideurs politiques, agriculteurs, agroforestiers, associations de citoyens…

Il faut dire que l’on revient de loin… Si l’on se réfère aux données publiées par P. Pointereau en 2002*, 70 % des haies présentes au début du vingtième siècle auraient disparu, soit plus d’un million de kilomètres. Au-delà des impacts sur le paysage et sur la biodiversité, les effets de cette politique d’aménagement du territoire se sont traduits par des problèmes écologiques graves liés notamment aux transferts de l’eau et des sédiments sur les bassins versants : inondations, phénomènes érosifs, comblement des frayères à poisson, pollution des cours d’eau, etc. Face à ce constat, s’en sont suivis d’ambitieux programmes de plantation de haies, à l’instar du programme Breizh bocage dont l'ambition initiale était de lutter contre les phénomènes d’érosion hydrique en implantant des haies et talus en rupture de pente, et de reconquérir la qualité des eaux bretonnes.

Mais que sait-on réellement, sur un plan scientifique et technique, du rôle du bocage sur l’eau ? Comment ces connaissances scientifiques aboutissent-elles à des préconisations opérationnelles et guident l’action collective sur le bocage ?

Pour y répondre, l’Afac-Agroforesteries, qui fédère les professionnels de la haie, de l’arbre champêtre et de l’agroforesterie en France, a organisé en novembre 2018, les sixièmes Rencontres nationales Arbres et haies champêtres à Lannion, dans les Côtes d’Armor, sur le thème « Ressources en eau, ressources bocagères ».

Pendant trois jours, chercheurs, professionnels de la haie, agriculteurs, décideurs politiques, etc. se sont succédé pour faire le point des actions et des travaux de recherche menés sur le bocage au cours de la dernière décennie. Dans ce numéro, la revue Sciences Eaux & Territoires leur offre l’occasion de présenter et d’approfondir leurs résultats.

En complément des avancées scientifiques acquises sur les liens entre l’eau et le bocage, ce numéro met en perspective le devenir de la filière du bocage en France autour d’autres enjeux impactant directement les territoires, dont les services rendus pour la biodiversité ou encore le développement de filières économiques durables - bois, plants certifiés, etc.

Bonne lecture

La rédaction

 

----------------------------------------------------

* Pointereau, P., 2001, Les haies : évolution du linéaire en France depuis quarante ans, Proceedings of the 2001 Annual IALE Conference held at the university of Birmingham « Hedgerows of the world, their ecological functions in different lanscapes », 7 p.

Pages